" Ces fragments que je numérote justement pour les abstraire et qu'ils ne renvoient à aucune anecdote, s'ils peuvent s'apparenter à des repérages anticipant un film, demeurent comme suspendus, irrésolus, retenus dans leur silence, insoumis à raconter une histoire. C'est pourquoi "le récit absent". Les images ne peuvent plus s'assembler pour raconter, elles sont simplement là dans leur évidence mutique.Vous vous tenez devant le paysage.
Des choses fuient dans le lointain, s’estompent progressivement. D’autres paraissent comme fichées en terre, dressent leurs volumes dans la lumière. Bientôt, c’est répondre à votre corps : ces images qui se lèvent et sur lesquelles on sent l’appui du regard.
Quelques éléments -dont on ne sait tout à fait s’ils viennent du dehors ou du dedans- dressent leur évidence muette, fascinante à faire l’effet de vous ôter les paupières ; le présent s’impose dans son existence sans nom. Nul récit à en donner.
Le monde dans ses étendues ne peut se laisser atteindre ou enlacer, nous ne pouvons qu’en prélever des fragments au grès de nos dérives et tenter d’y lire nos propres obsessions. "Jeremy Liron - 21/09/12